APPEL INTERNATIONAL
A MONSIEUR LE PRESIDENT OMAR BONGO ONDIMBA
ET AU GOUVERNEMENT GABONAIS
POUR STOPPER LE PROJET DE BARRAGE HYDROELECTRIQUE
SUR LES CHUTES DE KONGOU
Les chutes de Kongou
Les chutes de Kongou, situées au coeur du Parc national de l'Ivindo au Gabon, sont parmi les plus belles chutes des forêts d'Afrique. Situées à 5 heures de pirogue en aval de Makokou, on y accède après un voyage paradisiaque sur les eaux paisibles de l’Ivindo, serpentant entre deux murailles de forêt vierge. Des chapelets d'îlots, des forêts peuplées des fameux perroquets gris du Gabon, offrent une expérience unique de navigation sur l'un des derniers fleuves africains non colonisés par l'homme.
Les guides Bakota, Fang ou Bakwélé conduisent de petits groupes à travers la forêt primaire à la découverte de sa richesse, de sa complexité et de sa formidable beauté. Ils présentent les techniques traditionnelles de pistage pour suivre à la trace les animaux sauvages et tenter de les rencontrer au cœur d'une végétation luxuriante : éléphants, gorilles, chimpanzés, potamochères...
Le projet de barrage
Pour permettre l’exploitation d’une mine de fer par un consortium chinois, le Ministre des Mines gabonais a donné l’autorisation de construire une route dans le Parc de l’Ivindo, pourtant classé "forêt protégée". La construction d’un barrage hydroélectrique est envisagée sur l’Ivindo, pour alimenter la mine en électricité. Cette réalisation, dans un Parc naturel protégé, mettrait en cause le cours du fleuve et détruirait immanquablement les chutes de Kongou.
Nous n’acceptons pas que, pour servir des intérêts économiques, l’existence même des chutes de Kongou soit mise en cause.
Problème de compétence
Article 14 du Code Forestier du Gabon :
"Nul ne peut, dans les domaines des eaux et forêts, se livrer à titre gratuit ou commercial à l'exploitation, à la récolte ou à la transformation de tout produit naturel, sans autorisation préalable de l'administration des Eaux et Forêts".
L’autorisation de construction de la route de l’Ivindo par le consortium minier chinois, en vue de l'exploitation des ressources naturelles locales, a été délivrée par le Ministre des Mines sans que l’administration des Eaux et Forêts ait été impliquée, comme le prévoit la loi. Nous appelons le Ministère des Mines à respecter les lois organiques qui délimitent les champs de compétence de chacun. Il est regrettable que, après l’affaire similaire du Parc de Loango, le Ministère des Mines refuse toujours la concertation quand il s’agit d’attribuer les permis de prospection et d’exploitation minière à l’intérieur des forêts protégées.
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